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    Principe de Pareto et théorie de la simplexité appliqués à la gouvernance informatique
    C’est dans la balance entre la simplicité apparente des règles d’aide à la décision et la finesse des mécanismes d’application que réside tout l’art de la « gouvernance », et aujourd’hui la « théorie de la simplexité » qu’esquisse Alain Berthoz , pourrait jeter les bases d’intéressantes perspectives, appliquée aux processus de décision et d’arbitrage gouvernant les Systèmes d’Information.
    Intérêt de la « Théorie de la simplexité » pour les Systèmes d’Information
    L’informatique en entreprise n’est pas une science de l’automatisme uniquement traductible par des algorithmes. Les Systèmes d’Information comprennent des processus où il y a effectivement automatisation de la collecte, du traitement et du partage de l’information mais aussi beaucoup d’interactions humaines entre différents acteurs et des prises de décisions qui ne peuvent être automatisées. La formulation uniquement logico-mathématique des problématiques des Systèmes d’Information serait dès lors vouée à l’échec car elle ne prendrait pas en compte la dimension humaine. La loi de Murphy le rappelle à sa manière, énoncée de la façon suivante « S’il y a plus d’une façon de faire quelque chose, et que l’une d’elles conduit à un désastre, alors il y aura quelqu’un pour le faire de cette façon. ». Le « facteur » humain est la prise en compte d’une diversité de comportement. L’humain n’est pas un paramètre d’une équation car son comportement n’est ni tout à fait aléatoire, ni tout à fait prévisible. Il introduit l’incertitude, même s’il recherche la stabilité. En outre, il a besoin de fonder ses décisions sur un nombre limité d’informations et les Systèmes d’Information lui opposent un vaste espace multi-dimensionnel d’informations à prendre en compte.
    Dès lors, observer et s’inspirer empiriquement des mécanismes qui permettent aux organismes vivants de trouver des solutions à la complexité qui les entoure pour se diriger malgré tout efficacement sur la base de principes simplificateurs, a un sens pour mieux modéliser et comprendre les besoins de représentation ou de simplification des informations (et des Systèmes) sous-jacents aux processus de décision. Comme l’écrit Alain Berthoz « Il s’agit là d’une capacité de simplification dont l’efficacité réside dans une réelle prise en compte de la complexité. Les méthodes ainsi sélectionnées par l’évolution ouvrent des pistes d’investigation passionnantes pour découvrir de nouveaux modes de résolution des problèmes posés par la complexité. [] » . Il s’agit, entre autres pistes, de comprendre «comment s’inspirer du vivant pour résoudre des problèmes de prise de décision».


    Membre de l’Académie des sciences, l’auteur de la « théorie de la simplexité » parue aux éditions Odile Jacob, Alain Berthoz, est professeur au Collège de France, où il est directeur adjoint du Laboratoire de physiologie de la perception et de l’action (LPPA, CNRS / Collège de France).