• 08jan

    De la main à la cuillère : une affaire de bon sens ?

    Une personne qui voulait trouver un moyen de léguer sa pratique de résolution des situations difficiles, s’exprimait récemment ainsi : « j’ai la main de l’artisan, je souhaite en faire une cuillère, pour que d’autres après moi puissent reproduire mon savoir-faire ». En y réfléchissant bien toutefois, la cuillère, aussi élaborée soit-elle, ne remplace pas tout ce que peut faire la main. Certes, l’image n’est pas à prendre au pied de la lettre. C’est le contrôle de l’outil par la main qui lui donne sens, et la cuillère peut devenir, par l’esprit qui l’anime, instrument de musique ou de sculpture. Jusqu’à un certain point. Seul le bon usage d’un outil le rend utile au plus grand nombre et aucun outil ne fait tout, du moins ne le fait … bien.

    Ainsi un outil de suivi des incidents n’est pas un outil de suivi des tâches projet, un wiki de partage d’information n’est pas la solution de gestion de documents pour répondre à des contraintes d’archivage légal, une liste Excel de type de risques n’est pas une application de gestion des risques, un outil de gestion de budget n’est pas un outil de gestion d’un portefeuille applicatif ou de gestion d’un portefeuille projets, et un suivi des anomalies et des temps de correction pour mesurer les niveaux de services d’un fournisseur ne mesure pas la qualité du code livré au sens maintenabilité et réutilisabilité.

    Où nous mène donc ce long préambule ? A des principes de gouvernance IT qui relèvent du bon sens, mais qu’il est toujours utile de rappeler. Ce ne sont pas les outils qui font la gouvernance, même si les outils sont nécessaires pour partager de l’information et des savoir-faire. De ce fait, la modernisation d’un Système d’information passe par la nécessaire réflexion sur les outils utilisés, « comment » ils le sont, et pourquoi ils devraient continuer, ou non, à l’être. L’art de la méthode, en somme, est aussi important que celui de la technique, et tous deux nécessitent un « savoir-faire », qui doit s’apprendre par la pratique. Pourtant, après ces déclarations de principe, force est de reconnaitre que les Systèmes d’Information ne sont pas si gouvernés par le « bon sens ». Alors, comment mettre en œuvre cette chose, qui, selon Descartes « est la chose du monde la mieux partagée » ?