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    Une pression insoutenable ?

    Après des années glorieuses, au cours desquelles les Directions Informatiques ont progressivement outillé l’ensemble des activités des entreprises, générant des gains de productivité et des économies de personnel considérables, est apparue l’ère des DSI et des DOSI. Bien que le secteur informatique ait depuis subi, comme toutes les activités de support, les contrecoups des crises successives, le modèle du « progrès technologique » s’est perpétué, enrichi de la prise de conscience que l’informatique pouvait être un outil de réingénierie des processus, même lorsque la pratique a démontré que, faute d’un accompagnement au changement consistant, le risque de rejet était réel et les gains pas toujours avérés.
    Il fallait pour tirer vraiment parti de cet outil sortir du strict point de vue informatique et se préoccuper des besoins des métiers et des impacts organisationnels inhérents à toute modification du SI. Il s’agissait d’élever les préoccupations du SI au niveau de l’entreprise, qui est la vraie référence.
    Pour les directions générales, la DSI, «baguette magique informatique», reste encore la source potentielle de toujours plus de réduction de coûts et de gains de productivité. Avec le développement de son omniprésence toutefois, le coût de cette DSI avec sa maintenance du patrimoine applicatif a commencé à devenir un sujet de préoccupation économique.
    Pour ne plus apparaître comme un poste de coût comme les autres, les DSI s’efforcent aujourd’hui de positionner leurs activités en centre de services et en levier de création de valeur pour l’entreprise.
    On ne peut pas vraiment dire qu’elles aient réussi. Elles se heurtent pour cela à des difficultés, internes et externes, dont la moindre n’est pas que leurs directeurs ne disposent au mieux que d’un strapontin dans les comités stratégiques.

    Vers l’entreprise sans informatique ?

    N’ayant pas encore réussi à établir leur légitimité en tant que fournisseurs de services indispensables à la création de valeur par les métiers, les DSI se retrouvent aujourd’hui en face de directions qui leur demandent tout bonnement de s’appliquer à elles-mêmes, aussi rigoureusement, les démarches de réductions de coût et de personnel qui ont fait leur gloire.
    Et comment dire non lorsqu’on ne dispose au mieux que d’un strapontin dans les comités stratégiques? Outsourcing, externalisation, nearshore, offshore, Saas, cloud computing, autant de mots magiques qui ne recouvrent qu’un seul et unique objectif pour les directions générales : la compression drastique des coûts et le transfert des responsabilités à des fournisseurs externes, forcément plus compétents et mieux outillés…
    Après « l’entreprise sans usine » de Serge Tchuruck, voici que les dirigeants se mettraient à rêver d’une entreprise sans informatique, voire sans système d’information !

    Le malaise est palpable, auprès des DSI. Comment échapper à cette pression insoutenable, si dangereuse pour l’entreprise par son caractère court-termiste, lorsque la légitimité de son service a toujours été dans la réduction des coûts, et seulement là ?

    Un court-termisme à outrance

    La vision stratégique semble un luxe, lorsqu’autant d’entreprises suivent une loi du marché qu’elles ne façonnent plus. Les conséquences des choix « court-termistes » de réduction de coûts sont pourtant mesurables à court terme, comme la perte brutale d’un avantage concurrentiel lorsqu’on a décidé trop hâtivement d’externaliser ou de sous-traiter ce qui devait rester maîtrisé en interne, parce que c’était l’agilité, l’évolutivité et la spécificité du système d’information qui faisait la différence.

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