• 15sept

    Information : connaissance, valeur et pouvoir

    Quels liens les Systèmes d’information ont-ils avec le pouvoir ? Autant ce lien est compris, voire abondamment détaillé quand on évoque les systèmes d’Information Géographique - cartes et pouvoir, la corrélation est de longtemps connue - autant les relations entre le pouvoir d’une entreprise (sur son marché, son écosystème) ou au sein de cette entreprise et ses Systèmes d’Information sont moins explorées, voire maitrisées.
    C’est pourtant un sujet de plus en plus d’actualité à l’heure où il se distingue de moins en moins de la problématique globale – et certainement mieux comprise, du moins davantage développée - des liens entre l’information et le pouvoir. Parce que nous sommes à l’ère de la société d’information … numérique.
    Certes, « gouvernance » et « alignement stratégique » des Systèmes d’Information sont à l’ordre du jour. Mais au-delà des mots qui déjà évoquent une relation de pouvoir, force est de constater que les entreprises sont peu au fait de l’ampleur de cette relation. D’un côté, ces dernières mesurent encore mal les conséquences de la « perméabilité des frontières » (cf. plus loin) entre la « plate-forme » Globale Internet et leur organisation, entre l’information dite structurée (bases de données) et celle qui ne l’est pas (Web, email, document, ..). De l’autre côté, deux DSI sur trois, ainsi que le souligne une récente enquête d’août de l’ISACA, ne savent pas mesurer la valeur créée par le SI, et peu ou prou de direction générale sont directement impliquées dans l’analyse de cette valeur.
    Or comprendre ce qu’implique une information, sa « valeur relative », c’est le début de la connaissance, connaitre comment l’utiliser, la contrôler dans sa diffusion et son accès, c’est le début du pouvoir.
    Le paradoxe de l’épée et du bouclier
    La connaissance de la valeur d’une information et de la durée temporelle de cette valeur est une forme de pouvoir. La nature « volatile » de l’information peut conduire également à un pouvoir volatile, qui s’use et s’estompe si on laisse vieillir l’information jusqu’à la rendre inutile.
    Nombreux sont les exemples du passé. Posséder la carte du monde la plus précise à un moment donné était très précieux car c’était posséder une information que les autres n’avaient pas. De même en est-il des « renseignements » militaires, connaitre les mouvements de troupes ennemies du lendemain n’a de validité que le jour même. Plus récemment et jusqu’à présent, pour rejoindre les technologies de l’information et de la communication, le réseau de renseignements échelon est suspecté d’avoir pesé sur l’obtention d’appel d’offres et dans des négociations commerciales. Disposer de toutes les informations nécessaires sur une offre concurrente est bien entendu un atout, tant que cette offre est valable. C’est pourquoi l’intérêt d’un système de sécurité est de savoir doser le niveau de protection pour qu’il soit efficace le temps nécessaire, compte tenu du paradoxe de l’épée et du bouclier- plus on fabrique des boucliers puissants, plus les épées deviendront plus robustes afin de les briser -qui fera que tôt ou tard, une attaque plus puissante le mettra à mal.

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