• 01juil

    La carte n’est pas le territoire
    Si la collecte par « témoignages » a évolué aussi dans les Systèmes d’Information, de par l’existence de mesures automatiques (essentiellement remontées de sources techniques), il n’en reste pas moins que de nombreuses données sont encore remontées par l’analyse humaine. On ne peut faire abstraction des questions suivantes : Qui collecte les informations ? Qui construit les cartes et pour quelle utilité ? Qui valide et publie les cartes ? Nous avons fait le distinguo entre le cartographe et l’explorateur, reste également à évoquer le commanditaire et se rappeler la citation de Philippe Rekacewicz, responsable de l’équipe de cartographes de l’Atlas du Monde diplomatique : « La carte géographique n’est pas le territoire. Elle en est tout au plus une représentation ou une « perception ». La carte n’offre aux yeux du public que ce que le cartographe (ou ses commanditaires) veut montrer. Elle ne donne qu’une image tronquée, incomplète, partiale, voire trafiquée de la réalité. ». Certes, de par le choix d’un système de projection du SI sur des axes d’analyse, nous avons de toute façon une déformation de la réalité et nous devons nous satisfaire de représentation tronquée sauf à poursuivre un idéal de détails préjudiciable à l’usage réel de la carte. Mais il serait naïf de croire que la cartographie des SI ne soit pas également sujette à des enjeux géopolitiques ; Quid de ce qui est entre deux eaux, deux domaines, deux responsabilités dans les cartographies applicatives ? On se dispute aussi sur les territoires limitrophes, pour repousser des responsabilités du champ des mesures de performance, si elles n’ont pas été prises en compte dans le choix des indicateurs qui permettront les mesures, ou étendre son » pouvoir » de décision.
    Dès lors, Il faut une logique « transverse », une légitimité du cartographe qui lui permette d’acter aux frontières sans avoir à chercher un consensus qui n’est pas forcément à l’avantage commun de l’« entreprise » mais qui s’inscrit plutôt dans la logique d’atteinte d’objectifs individuels insuffisamment mis en cohérence. Ensuite, le choix des axes d’analyses, le choix du niveau de représentation, relève d’une stratégie d’entreprise, une volonté de directions, et ce sont les « ROIs » du portefeuille projets qui décideront des explorateurs, même s’il ya une part de risques et de volonté d’exploration qui doit se bâtir sur des convictions, et non des calculs purement financiers.
    Car si les bénéfices paraissent non « tangibles » immédiatement, est-ce que vous partiriez cet été en randonnée, ou en voyage avec l’intention d’établir des itinéraires de visite dans un pays étranger sans carte?

    Sabine Bohnké.

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2 Responses

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  • Cédric Berger Says:

    Je reconnais en Djemil sont ouverture et l’intégration des univers… véritable spécialiste de l’interdiciplinarité.

    Bravo pour ce bel article.

    Il existe un groupe communautaire de « Cartographe d’entreprise (d’Affaires) »
    http://www.b-cartographers.com

    Un voyage à travers des cartes… un ATLAS de l’entreprise.

  • Sabine Bohnké Says:

    En l’occurrence, l’article n’a pas été écrit par Djemil mais par moi-même. Cela dit, l’ouverture, l’interdisciplinarité et l’intégration des univers sont bien des credos que nous partageons au sein de Sapientis.

    Merci pour le lien!

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