• 01juil

    « C’est exact, dit le géographe, mais je ne suis pas explorateur. Je manque absolument d’explorateurs. Ce n’est pas le géographe qui va faire le compte des villes, des fleuves, des montagnes, des mers et des océans. Le géographe est trop important pour flâner. Il ne quitte pas son bureau. Mais il reçoit les explorateurs. Il les interroge, et il prend note de leurs souvenirs. » . Cette citation du « petit prince » de Saint Exupery, nous rappelle également comment aujourd’hui s’établissent bon nombre de cartographie – du moins fonctionnelles, la précision est d’importance et on y reviendra – des Systèmes d’Information : par la collecte d’information à travers des interviews. Le cartographe a besoin « d’explorateurs » sans cela il ne peut compiler la somme des connaissances de son temps et mettre à jour de nouvelles cartes. Ce que le cartographe apportera en plus, c’est cette vision de comment établir une « projection » du monde et comment établir les repères de la carte.
    Référentiel de lecture ou référentiel spatio-temporel
    Car si la carte peut matérialiser le voyage, la « trace » et l’itinéraire, elle ne le peut sans repère et sans référentiel. Le mouvement se décrit et se partage en fonction d’un référentiel spatial et temporel. Ce qui nous amène à nous pencher sur deux définitions de référentiel dont le distinguo est lourd de conséquences pour les Systèmes d’information : le référentiel de lecture et le référentiel d’espace/temps.
    D’abord, le référentiel de lecture de carte consiste à partager des définitions sur les données de la carte (informations et objets que l’on veut y faire apparaître en fonction de l’objectif de la carte). Afin de faciliter la lecture des cartes et de traiter certaines informations plusieurs référentiels administratifs ou techniques sont utilisés dans nos « cartes » du monde. Ces référentiels ici agissent plutôt comme « mode opératoire », ce sont des systèmes de lecture, de partage de « sens » et sont plus ou moins assimilables à des catalogues ou des systèmes de classification d’objets, a priori « invariants». « Les géographies, dit le géographe [du petit prince], sont les livres les plus précieux de tous les livres. Elles ne se démodent jamais. Il est rare qu’une montagne change de place. Il est très rare qu’un océan se vide de son eau. Nous écrivons des choses éternelles. »
    Outre que l’impact de l’homme sur les océans pourrait nous faire s’exclamer à l’instar du poète « j’ai vu tomber tant de chose que je croyais éternelles !», les géographies des Systèmes d’Information ont un problème avec les choses éternelles, parce qu’elles ont un problème avec le temps. Et dans l’appréciation de ce qui est réellement « invariant » pour établir une cartographie souvent partagée entre l’utile à court terme et l’indispensable à long terme; et dans l’usage du temps comme repère pour pouvoir parler de mouvement et d’évolution, et dans le temps donné à l’établissement des cartes, tant pour la compréhension du périmètre, des objectifs, des repères (axes de représentation dans l’espace et axe temporel), le choix ou l’établissement d’un modèle de projection, que pour la collecte.

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2 Responses

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  • Cédric Berger Says:

    Je reconnais en Djemil sont ouverture et l’intégration des univers… véritable spécialiste de l’interdiciplinarité.

    Bravo pour ce bel article.

    Il existe un groupe communautaire de « Cartographe d’entreprise (d’Affaires) »
    http://www.b-cartographers.com

    Un voyage à travers des cartes… un ATLAS de l’entreprise.

  • Sabine Bohnké Says:

    En l’occurrence, l’article n’a pas été écrit par Djemil mais par moi-même. Cela dit, l’ouverture, l’interdisciplinarité et l’intégration des univers sont bien des credos que nous partageons au sein de Sapientis.

    Merci pour le lien!

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