• 15juin

    L’oeil du cyclone

    Nous n’avons pas aujourd’hui de certitude quant à la durée prévisionnelle de la crise actuelle : 12 mois encore, 18 mois, 3 ans, plus ? Et quel sera le monde après ? Il n’y a pas réponses, il n’y a pas de solutions « toutes faites ». Plus encore, pour citer Saint-Exupéry : « Il n’y a pas de solutions, il y a des forces en marche, et les solutions suivent ». Mais si ces « forces en marche » ne se mettent pas en mouvement à présent, au niveau des Systèmes d’Information d’entreprises, que se passera-t-il ? Après avoir réduit les budgets jusqu’à leur portion congrue, s’être séparé de bon nombre de talents, rendu le SI (Système d’Information) à sa fonction «primaire» (de « support»), nous sommes dans l’œil du cyclone ; inutile de se faire tout petit et de ne plus bouger en attendant la suite. Car s’il y a encore un moment pour réagir … c’est maintenant.
    Parce qu’après, la violence du vent redoublera, et rien ne prouve que suite aux « coupes drastiques », on tiendra face à la rafale suivante, bien au contraire. Les crises que les SI ont à traverser ne sont pas prévisibles dans leurs impacts et leurs conséquences. Par contre, elles reviennent avec une certaine régularité depuis les années 90’s, voire de plus en plus rapidement et avec plus de violence. Elles changent aussi de nature, passant de crises « internes », à des crises « externes », induites par les changements économiques. Pour les crises internes, nous avons eu celle du fameux « bug » de l’an 2000. Beaucoup de bruits pour rien, diront certains, au regard de la prévention et des impacts réels. Pour autant, il ne faudrait pas oublier que le même type de problème nous attend pour 2019. Les formats de dates IEEE, pour les programmes C et C++ couplés à certaines versions de bases de données relationnelles, sont prévus pour stocker des dates à partir de 1889 sur un différentiel de 4 milliards de seconde … ce qui nous amène à envisager un problème potentiel en 2019. D’ici là, me direz-vous toutes les applications auront été ré-écrites … Peut-être pas, mais nous avons la possibilité de maitriser ce risque prévisible. Nous risquons également d’avoir une crise « générationnelle » de type ressources humaines, aux alentours de 2015, ou la plupart des « sachants » ayant développés les applications des années 80’s partiront à la retraite, où ceux des années 90’s à 2000’s auront évolués vers d’autres postes, d’autres responsabilités.
    A ces crises relativement « internes » s’additionnent des crises externes à présent que nous sommes effectivement dans une économie « immatérielle », où, quand l’économie accélère, ou quitte une vitesse de croisière adossée à quelques paradigmes (sociétés considérées comme stables, cours d’actions, comportement des acheteurs, situation de monopole, cours des matières premières, etc) et change de paramètres, le manque de contrôle des systèmes d’information devient flagrant, dans leur incapacité à prendre rapidement en compte la fluctuation des paramètres, ou en changer. Mais n’oublions pas que le système d’information n’a jamais que l’intelligence qu’on lui a donné à travers sa conception, donc les capacités de contrôle et d’adaptation qu’on lui a prévu.

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