• 15jan

    Le coût cache la valeur

    En tant que concept central la valeur est forcément de nature très subjective et probablement toujours liée à des aspects de culture, de société et aussi d’époque. Si « aux âmes bien nées la valeur n’attend pas le nombre des années », elle n’en sera pas moins jugée différemment d’un temps à un autre.

    En 2012, saurons-nous juger mieux la valeur de nos informations, de nos systèmes d’information, de nos entreprises, de nos collaborateurs, de nos partenaires, de nos communautés, de nos structures sociétales, de nos sociétés mêmes ?

    Cela reste à démontrer quand le débat se focalise toujours davantage sur les réductions de coût, l’augmentation de la productivité d’un côté et le « branding » de toutes choses et personnes de l’autre.
    Ainsi l’enjeu se résumerait à produire plus vite, moins cher et déployer des trésors d’imagination pour différencier le produit ou le service non par ce qu’il est, mais par ce qu’il projette, en lui créant un univers artificiel.

    Posez-vous la question, est-ce suffisant ? Est-ce que c’est cela qui fera une différence majeure, un positionnement durable et distinctif sur le marché ? A force de connaître le prix de toutes choses et la valeur d’aucune, nous en venons à préférer la forme à la construction du fond. Ce dernier est pourtant primordial aujourd’hui, dans un environnement engagé dans une profonde transformation. Le monde de demain attend plus de complétude de nos réflexions, une capacité à réinterroger des modèles économiques et à remettre la dimension humaine au cœur des échanges ainsi qu’à pérenniser des chaînes de valeur bénéfiques pour toutes les parties prenantes, plutôt qu’à axer sur le profit court terme de quelques actionnaires principaux.

    Dans un environnement complexe, les décisions ne peuvent être ramenées à des procédures opérationnelles simples si on souhaite un tant soit peu pérenniser une activité. Il devient indispensable de tisser plus de liens, de regarder les interactions dynamiques de l’ensemble du système et de ne pas se focaliser sur « l’arbre qui cache la forêt » : le coût, au risque de la déforestation.

    Quand une entreprise veut créer une différence sur un marché concurrentiel, où les produits sont peu diversifiés, c’est sur la valeur de ses ressources et de ses activités qu’elle doit s’interroger pour repenser ses produits et/ou services. Pas simplement sur comment produire plus et à plus bas prix que ses concurrents. Parce que, au fil du temps, ce qui est industrialisable ici le devient partout, avec les mêmes procédures, les mêmes référentiels et qu’il faut toujours courir plus loin pour avoir un court temps d’avance, quand ce dernier n’est que sur le coût de production. Et si en plus, les clients payent moins mais pour moins de respect de l’environnement, des collaborateurs et une dégradation du tissu social, est-ce une équation viable longtemps ?

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