• 19avr

    Le règne du chaos

    Depuis 1994, les chiffres du « chaos report » du Standish group nous ramènent toujours au même constat : malgré tous les efforts entrepris en termes de méthodes et de qualité des développements, le pilotage des projets logiciels laisse encore à désirer et on enregistre plus d’échecs que de succès, avec moins d’un tiers des projets estimés « successful » encore en 2009.
    Ces chiffres ont été repris dans la presse spécialisée, bon nombre de livres blancs et de publications sérieuses et ont été cités par des milliers d’auteurs, notamment pour illustrer les difficultés de la gestion des projets liés au système d’information. Mais ne devrait-on pas interroger la source et la construction de ces chiffres, puisqu’ils font référence dans le monde entier, jusque dans leurs implications? D’autant que la dernière version du rapport le « Chaos Manifesto 2011 » annonce soudain une embellie marquée dans le taux de succès des projets de 2008 à 2010, alors que le rapport 2009 annonçait un recul de 2008 à 2009 (cela dit sur des taux de variations assez faibles …).
    Figure ci-dessous : source Standish Group – Chaos report 2009

    Certes la citation de Jim Johnson, président du Standish Group, sur le site de la société, est alléchante : « le nouveau rapport montre que plus de projets sont des succès et qu’il y a moins d’échecs. Chaos Manifesto fournit les réponses sur l’augmentation des taux de succès et la chute des échecs ». Toutefois, avant d’aller chercher les réponses du Standish group pour les appliquer dare-dare sur nos projets, il serait prudent de questionner ses chiffres de succès et d’échec fournis depuis tant de temps et leurs définitions.
    Prudent et nécessaire, car ce n’est pas le Standish Group qui est en cause ici, bien qu’il ne faille surtout pas négliger son influence, positive ou négative, mais la façon dont les estimations concernant les projets sont effectuées et les projets pilotés.
    En réalité, non seulement on peut interroger les chiffres du « chaos », mais on le doit, comme le démontrent des articles de référence et des études sérieuses, en particulier la publication de Robert Glass et l’étude effectuée par J. Laurenz Eveleens and Chris Verhoef (respectivement doctorant et professeur en informatique à l’université Vrije d’Amsterdam) qui a fait l’objet en 2010 d’un article publié par l’IEEE. Si le premier interroge et émet des doutes sérieux sur la fiabilité des méthodes et des chiffres du Standish Group, les seconds vont plus loin en démontrant, par l’application des définitions du Standish group sur leur propre base de 5457 prévisions faites pour 1211 projets réels, qu’elles conduisent à des résultats erronés.


    Robert Glass, journal des communications de l’ACM en 2006, « The Standish report : does it really describe a software crisis ? »
    « the rise and fall of the chaos report figures » Published by the IEEE computer society»

    Suite de l’article – 6 pages

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