50 ans et plus … déjà ? Les NTIC ont perdu depuis un moment leur première lettre, n’en déplaise à certains hommes politiques qui placent, par exemple, les débuts d’Internet en l’an 2000 (l’explosion de la bulle coïncidant dès lors au big bang de la création). Où placer les débuts de l’informatique en entreprise ? A la naissance du terme en France au début des années soixante avec la contraction d’Information et Automatique, aux calculateurs et simulateurs des projets Manhattan et Enigma, au concept de la machine de Turing, à l’architecture du calculateur universel de Van Neumann, à la naissance du premier langage « compréhensible » hors du cercle scientifique, et, spécialisé pour la gestion et le domaine bancaire, destiné à un usage « métier » le Cobol (Common Business Oriented Language)? En tous cas, il y a cinquante ans …et plus.
Certes, Van Neumann, Turing et E.G hopper peuvent être mis au rang des « pères et mères fondateurs » dans la mythologie informatique. Pour l’anecdote, la mort de Turing en croquant une pomme empoisonnée aurait inspiré le logo d’une célèbre marque. Dans le registre des mythes, c’est à l’inverse une autre marque très connue dont les trois lettres ( à un décalage près) aurait inspiré le fameux ordinateur de la saga l’odyssée de l’espace d’Arthur C. Clark, ordinateur « incarné » dans le film réalisé avec Stanley Kubrick « 2001 , l’odyssée de l’espace ». Aussi bien l’écrivain que le cinéaste ont démenti l’apparente filiation, mais la légende demeure. Hal, une IA qui revient sous une autre forme de vie en 2010, perd peu à peu la « conscience » à la fin du film quand Dave lui retire ses « blocs mémoire holographiques » à l’occasion d’une scène mémorable, où, flottant en apesanteur dans une lumière orangée, l’astronaute retire d’un mur des plaquettes encastrées en tiroirs.
Hal sur PDA
Il est frappant de constater que la projection d’alors (1968) voit l’ordinateur du futur comme un immense mainframe. A contrario les technologies de miniaturisation nous ont fait passer du macroscopique au nanoscopique. Que de chemin parcouru depuis le premier transistor MOS en 1962. En 1971 est apparu (après le film « 2001.. ») le premier circuit intégré de 10µm (taille d’un cheveux) et les circuits n’ont cessé de se réduite jusqu’à atteindre en 2003 0,1 µm avec l’itanium (taille d’un virus dans le corps). En 2015 nous devrions être à 22nm (nanomètres) et ensuite atteindre certaines limites technologiques de la micro électronique(dissipation thermiques, champs électriques, ..) et physiques (bruits thermiques, effets tunnels, ..) que les nanotechnologies pourraient repousser (en matière de science fictions nous sommes plus près de la cité des robots d’ASIMOV).
Ce qui nous conduit à un paradoxe. Hal finalement pourrait tenir sur un ordinateur personnel, voire, en poussant le bouchon un peu loin, sur un pda, pourvu que son langage de programmation soit le bon et que sa programmation soit optimisée. Car si les tailles « physiques » des ordinateurs n’ont cessé de diminuer, à l’inverse le volume d’information à stocker et les tailles des programmes en nombre de lignes de codes se sont démultipliés. La taille de l’ordinateur de bord d’appolo 11 était de 14Ko et le programme de quelques dizaines de milliers de lignes de codes (pour les curieux le code source du module de commande est pour partie visualisable ici). La taille et la complexité des logiciels n’ont cessé d’augmenter, des 10 000 lignes de code en moyenne pour un logiciel important en 1970, nous sommes passés à 50 000 dans les années 80 (pour gérer les interfaces graphiques clavier souris, écran) ; puis 100 000 lignes de codes dans les années 90s. Il est intéressant de regarder l’évolution du Système d’exploitation windows à ce sujet, lequel est passé de 4 à 5 Millions de lignes de code en 93, pour atteindre 10 fois plus de lignes en 2003 (50 Mloc).



