Quand doit-on adopter un nouveau concept informatique pour se différencier ?
Il y a un délai certain entre l’arrivée d’un nouveau concept en informatique et l’adoption massive. La question est : quand faut-il adopter ? Pas trop tôt, pour ne pas « payer les pots cassés », pas « trop tard », pour ne pas être qu’un suiveur, qui va payer pour une condition nécessaire, mais pas … suffisante ; Car, en effet, le service ou la fonction fournis par l’informatique n’établissent pas de réelle différenciation métier dès lors qu’ils sont largement adoptés, et « standardisés » dans les modes de fonctionnement de la plupart des entreprises. A l’affirmation de Mr. Karl-Heinz Streibich, CEO de Software Ag, qui lors de son introduction au Business Innovation Forum de l’éditeur tenu le 17 mars, a dit que seules les applications développées en spécifiques apportaient une différenciation métier, nous mettrons un bémol : bien sûr, en choisissant du « buy », sur étagère, si vous avez ce que tout le monde a, qu’avez-vous de plus ? Toutefois, il y a un certain seuil où il devient indispensable de mettre en place certaines fonctions de support informatique « standard », car ne pas les avoir vous fait perdre, si ce n’est gagner, des contrats, des employés, ou de la satisfaction client.
A l’inverse, oui, vous ne vous distinguerez pas à les mettre en place… sauf si vous les utilisez judicieusement afin de proposer vraiment un nouveau service et si vous êtes le premier à le faire. C’est là, entre autres points, que l’’on distingue cette frontière « ténue » entre innovateurs et premiers suiveurs. Ainsi les grandes entreprises ne se posent quasiment plus la question de savoir s’il faut mettre en des progiciels de comptabilité/finance, ou de RH. Le centre de gravité de la question se déplace plutôt sur lequel choisir, comment éventuellement upgrader l’existant, ou l’externaliser (jusqu’au niveau des processus parfois, avec le Business Process Outsourcing) et/ou faut-il le remplacer par une offre Saas éventuellement plus économique ?
Ce qui est plus exemplaire, c’est de voir apparaître à grande échelle la mise en pratique de solutions technologiques aujourd’hui éprouvées, mais jusqu’alors relèguées à des expériences individuelles, et qui sont parfois trompeusement qualifiées « d’innovation ».
Quand le concept rencontre largement le marché, il n’y a plus innovation, mais nécessité.
Ainsi la dématérialisation, déjà proposée il y a une dizaine d’année à travers des offres de gestion de documents combinant reconnaissance de caractères - RAD (Reconnaissance Automatique de Documents), LAD (Lecture Automatique de Documents) et LAF (Lecture Automatique de Formulaires) –le workflow, la signature électronique et l’archivage légal, a vue non seulement ses offres acquérir la maturité technologique nécessaire, mais également son champ d’application se démultiplier, notamment dans le secteur public, en dématérialisant le dialogue avec l’usager.


