• 27jan

    Les débuts d’année « IT », voient toujours fleurir le même « marronnier », l’exercice de recul obligé sur le « monde » informatique, les technologies, les sociétés, les individus qui le peuplent. Cet exercice, suivant les écoles, consiste ou à contempler le passé et en tirer une expérience sur ce qui a, ou n’a pas marché, ou à se lancer, en dressant l’inventaire des dernières innovations technologiques, dans l’art des prédictions. Ce dernier exercice - périlleux car le premier consiste le plus souvent à illustrer son inanité –consiste à établir le classement des solutions ou produits qui vont durer – ou pourquoi pas, changer le monde, et comment faire pour suivre. Mais que doit-on suivre : une « vision » technologique ou un principe de gouvernance qui va bien au-delà, mais que les technologies pourraient influencer?

    Ainsi voit-on en 2009 arriver certaines mutations d’entreprises (et/ou d’industries) que l’on prédisait pour l’an 2000. Cela ne veut pas dire pour autant que le changement est radical. Avec l’apparition de nouveaux modèles sous l’impulsion du Web, le changement est dans la possibilité de comparer de plus en plus la diversité des organisations d’entreprises, leur principe de gouvernement, leur « politique », au type de gouvernement des cités et des états. En d’autres termes, nous pouvons reprendre la lecture de « l’esprit des lois » de Montesquieu, pour comprendre les nouveaux modes d’organisation qui apparaissent, et également, quels sont les risques associés. Mais qu’est-ce qui a changé pour oser tenter cette comparaison a priori hasardeuse ?

    Certes, sur une dizaine d’années, beaucoup de concepts sont restés les mêmes en entreprise. Mais l’information s’est multipliée, les communications se sont accélérées, les cycles de développement aussi, avec les approches dites « agile ». Internet, en 2000, c’était encore beaucoup de promesses et beaucoup de déceptions, et une « bulle » qui éclatait. Aujourd’hui, Internet est une plate-forme de services incontournable, un catalyseur d’une puissance informatique formidable pour concrétiser des concepts envisagés il y a dix ou vingt ans, voire plus. Le web a favorisé l’éclosion de nouvelles logiques d’architecture, de nouvelles bases d’information et de connaissance. de nouveaux services, de nouveaux modèles économiques - de l’explosion des communautés open source grâce à la mise en relation d’un grand nombre de développeurs sur des projets mondiaux, au « Saas », pour livrer (enfin ?) le service informatique comme une énergie … presque renouvelable.

  • 08jan

    De la main à la cuillère : une affaire de bon sens ?

    Une personne qui voulait trouver un moyen de léguer sa pratique de résolution des situations difficiles, s’exprimait récemment ainsi : « j’ai la main de l’artisan, je souhaite en faire une cuillère, pour que d’autres après moi puissent reproduire mon savoir-faire ». En y réfléchissant bien toutefois, la cuillère, aussi élaborée soit-elle, ne remplace pas tout ce que peut faire la main. Certes, l’image n’est pas à prendre au pied de la lettre. C’est le contrôle de l’outil par la main qui lui donne sens, et la cuillère peut devenir, par l’esprit qui l’anime, instrument de musique ou de sculpture. Jusqu’à un certain point. Seul le bon usage d’un outil le rend utile au plus grand nombre et aucun outil ne fait tout, du moins ne le fait … bien.

    Ainsi un outil de suivi des incidents n’est pas un outil de suivi des tâches projet, un wiki de partage d’information n’est pas la solution de gestion de documents pour répondre à des contraintes d’archivage légal, une liste Excel de type de risques n’est pas une application de gestion des risques, un outil de gestion de budget n’est pas un outil de gestion d’un portefeuille applicatif ou de gestion d’un portefeuille projets, et un suivi des anomalies et des temps de correction pour mesurer les niveaux de services d’un fournisseur ne mesure pas la qualité du code livré au sens maintenabilité et réutilisabilité.

    Où nous mène donc ce long préambule ? A des principes de gouvernance IT qui relèvent du bon sens, mais qu’il est toujours utile de rappeler. Ce ne sont pas les outils qui font la gouvernance, même si les outils sont nécessaires pour partager de l’information et des savoir-faire. De ce fait, la modernisation d’un Système d’information passe par la nécessaire réflexion sur les outils utilisés, « comment » ils le sont, et pourquoi ils devraient continuer, ou non, à l’être. L’art de la méthode, en somme, est aussi important que celui de la technique, et tous deux nécessitent un « savoir-faire », qui doit s’apprendre par la pratique. Pourtant, après ces déclarations de principe, force est de reconnaitre que les Systèmes d’Information ne sont pas si gouvernés par le « bon sens ». Alors, comment mettre en œuvre cette chose, qui, selon Descartes « est la chose du monde la mieux partagée” ?