Les débuts d’année « IT », voient toujours fleurir le même « marronnier », l’exercice de recul obligé sur le « monde » informatique, les technologies, les sociétés, les individus qui le peuplent. Cet exercice, suivant les écoles, consiste ou à contempler le passé et en tirer une expérience sur ce qui a, ou n’a pas marché, ou à se lancer, en dressant l’inventaire des dernières innovations technologiques, dans l’art des prédictions. Ce dernier exercice - périlleux car le premier consiste le plus souvent à illustrer son inanité –consiste à établir le classement des solutions ou produits qui vont durer – ou pourquoi pas, changer le monde, et comment faire pour suivre. Mais que doit-on suivre : une « vision » technologique ou un principe de gouvernance qui va bien au-delà, mais que les technologies pourraient influencer?
Ainsi voit-on en 2009 arriver certaines mutations d’entreprises (et/ou d’industries) que l’on prédisait pour l’an 2000. Cela ne veut pas dire pour autant que le changement est radical. Avec l’apparition de nouveaux modèles sous l’impulsion du Web, le changement est dans la possibilité de comparer de plus en plus la diversité des organisations d’entreprises, leur principe de gouvernement, leur « politique », au type de gouvernement des cités et des états. En d’autres termes, nous pouvons reprendre la lecture de « l’esprit des lois » de Montesquieu, pour comprendre les nouveaux modes d’organisation qui apparaissent, et également, quels sont les risques associés. Mais qu’est-ce qui a changé pour oser tenter cette comparaison a priori hasardeuse ?
Certes, sur une dizaine d’années, beaucoup de concepts sont restés les mêmes en entreprise. Mais l’information s’est multipliée, les communications se sont accélérées, les cycles de développement aussi, avec les approches dites « agile ». Internet, en 2000, c’était encore beaucoup de promesses et beaucoup de déceptions, et une « bulle » qui éclatait. Aujourd’hui, Internet est une plate-forme de services incontournable, un catalyseur d’une puissance informatique formidable pour concrétiser des concepts envisagés il y a dix ou vingt ans, voire plus. Le web a favorisé l’éclosion de nouvelles logiques d’architecture, de nouvelles bases d’information et de connaissance. de nouveaux services, de nouveaux modèles économiques - de l’explosion des communautés open source grâce à la mise en relation d’un grand nombre de développeurs sur des projets mondiaux, au « Saas », pour livrer (enfin ?) le service informatique comme une énergie … presque renouvelable.




