A entendre un peu partout ce qui est attendu aujourd’hui des directeurs des Systèmes d’Information, il semblerait que la recherche du DSI idéal s’apparente à la poursuite du Dahut. Cet animal mythique, fort prisé des plaisanteries estudiantines grenobloises, aurait les pattes plus courtes d’un côté que de l’autre, pour mieux vivre sur les pentes montagnardes. Un curieux résultat de l’évolution, puisque, de par sa morphologie, il serait obligé de se déplacer toujours dans la même direction et sur un même côté, sans pouvoir faire demi tour. Il faut peu de temps pour comprendre qu’une telle espèce, de par sa définition, serait menacée d’extinction rapide.
Or le DSI idéal devrait toujours pouvoir faire évoluer son SI en répondant «immédiatement » aux besoins court terme, en réduisant son budget, tout en améliorant la continuité de services des systèmes existants, en stabilisant les fondations, et en anticipant les futurs besoins nés de l’évolution des métiers. C’est déjà beaucoup de responsabilités pour un être humain, par nature non omniscient. Si tout cela doit se faire à coût constant, sinon réduit, on peut se demander si notre malheureux DSI n’est pas un peu obligé d’avancer comme le Dahut, toujours dans la même direction – l’évolution, sur un même côté – la réduction de coût, sans pouvoir faire demi-tour, i.e revoir et optimiser les fondations.
Du moins, tel serait le cas si le Système d’Information n’était piloté que par les coûts et contraint de ne peu ou pas toucher à l’héritage des choix technologiques précédents. Si, par contre, le Système d’information n’est plus vu comme un centre de coût, mais comme un créateur potentiel de valeur et un « inducteur » de changement pour l’entreprise, alors la problématique de l’évolution est modifiée. Le pilotage de cette évolution ne se fait plus sur les seuls axes « technique » et « coût », mais sur plusieurs axes qui interagissent et se complémentent, dont les axes métier, organisationnel, humain, économique, et le DSI peut réussir ce pari de l’efficacité (l’atteinte de ses objectifs), mais plus encore de « l’efficience ». Anglicisme dont la définition illustre le propos : « Être efficient, c’est être efficace en faisant une bonne utilisation des ressources (humaines, informationnelles, matérielles, financières, etc.). ».







