• 24nov

    A entendre un peu partout ce qui est attendu aujourd’hui des directeurs des Systèmes d’Information, il semblerait que la recherche du DSI idéal s’apparente à la poursuite du Dahut. Cet animal mythique, fort prisé des plaisanteries estudiantines grenobloises, aurait les pattes plus courtes d’un côté que de l’autre, pour mieux vivre sur les pentes montagnardes. Un curieux résultat de l’évolution, puisque, de par sa morphologie, il serait obligé de se déplacer toujours dans la même direction et sur un même côté, sans pouvoir faire demi tour. Il faut peu de temps pour comprendre qu’une telle espèce, de par sa définition, serait menacée d’extinction rapide.

    Or le DSI idéal devrait toujours pouvoir faire évoluer son SI en répondant «immédiatement » aux besoins court terme, en réduisant son budget, tout en améliorant la continuité de services des systèmes existants, en stabilisant les fondations, et en anticipant les futurs besoins nés de l’évolution des métiers. C’est déjà beaucoup de responsabilités pour un être humain, par nature non omniscient. Si tout cela doit se faire à coût constant, sinon réduit, on peut se demander si notre malheureux DSI n’est pas un peu obligé d’avancer comme le Dahut, toujours dans la même direction – l’évolution, sur un même côté – la réduction de coût, sans pouvoir faire demi-tour, i.e revoir et optimiser les fondations.

    Du moins, tel serait le cas si le Système d’Information n’était piloté que par les coûts et contraint de ne peu ou pas toucher à l’héritage des choix technologiques précédents. Si, par contre, le Système d’information n’est plus vu comme un centre de coût, mais comme un créateur potentiel de valeur et un « inducteur » de changement pour l’entreprise, alors la problématique de l’évolution est modifiée. Le pilotage de cette évolution ne se fait plus sur les seuls axes « technique » et « coût », mais sur plusieurs axes qui interagissent et se complémentent, dont les axes métier, organisationnel, humain, économique, et le DSI peut réussir ce pari de l’efficacité (l’atteinte de ses objectifs), mais plus encore de « l’efficience ». Anglicisme dont la définition illustre le propos : « Être efficient, c’est être efficace en faisant une bonne utilisation des ressources (humaines, informationnelles, matérielles, financières, etc.). ».

  • 10nov

     

    Nous sommes en crise, difficile de l’ignorer. Une crise prédictible, d’une certaine manière. Quand on construit des produits financiers a priori sains, adossés à des produits qui le sont un peu moins, adossés eux-mêmes à des produits volontairement risqués, on bâti un chateau de cartes qu’une pitchenette sur une fondation bancale met à terre. Renversant par la même occasion les chateaux en Espagne de ceux qui avaient fini par oublier le risque inhérent aux opérations bancaires pour rêver à des bénéfices rapides et un profit qui durerait toujours.

    Certes, le “jeu” en bourse comporte des risques, c’est une évidence. Pour autant, la règle du jeu devient faussée quant on fait prendre des risques à des personnes qui n’en sont pas conscientes, sans même avoir les moyens de contrôler ces risques à force d’intermédiaires. Il y a des limites aux risques acceptables, et il y a des conditions sine qua non pour continuer à “piloter” le navire dans le brouillard, sans laisser l’opacité s’installer sur les instruments du cockpit, sous peine d’aller choir sur le premier iceberg venu, comme tant d’institutions réputées insubmersibles. Cette crise nous le démontre, en même temps qu’elle démontre un potentiel formidable de rupture avec des comportements inadéquats. Cela vaut également pour les Systèmes d’Information. Il ne faut pas laisser l’opacité s’installer sous prétexte de proposer toujours plus, au prix de fondations instables.

    Outre la nécessaire réflexion sur les outils et les processus -quelques soient les outils, ils ne valent que par l’usage qui en est fait - nous pourrions aborder une piste intéressante sur la manière dont les systèmes d’Information se construisent en fonction de l’économie (et des bénéfices des entreprises).

  • 10nov

    Une question mérite d’être posée à ceux qui considèrent encore que l’informatique est un “mal nécessaire” et surtout, un poste de coût pour les entreprises. Avez-vous ressenti les changements organisationnels induits par les nouvelles technologies durant les dix dernières années? Pourriez-vous revenir en arrière, et ne plus utiliser, qui, votre messagerie, qui, votre formulaire de note de frais, qui, votre procédure de contrôle d’achat automatique? Certes, ces outils génèrent parfois des effets induits désagréables. Suivant l’utilisation qui en est faite, la messagerie peut devenir un élément d’interruption notable. Mais rien ne vous empêche de désynchroniser vos réponses. D’autant que, désormais, vous pourrez lire vos mails sur votre portable, au moment approprié. De préférence hors réunion, pour éviter un autre effet intrusif désagréable, surtout si ce dernier est en plus accompagné de chat sur une messagerie instantanée ou d’envoi intempestif de sms. Il y a un côté “enfantin” en chacun de nous, surtout si les réunions s’éternisent. Lire la suite »

  • 10nov

    Les entreprises ont souvent développés en spécifiques des applications car aucun progiciel ou solution du commerce sur étagère (appelées par nos amis anglo-saxon des “COTS” , i.e “Commercial Off the Shelf”) ne correspondait alors à leurs besoins.

    Aujourd’hui, l’offre de progiciels a changé, elle a évolué fonctionnellement tant en diversité qu’en “verticalité”, au sens où on trouve des progiciels dédiés à certains besoins métiers sectoriels. Plus encore, la rupture d’innovation introduite par le “Saas” (ou Software As A Service), permet enfin de se dégager des problématiques de mise en oeuvre d’infrastructure, de déploiement ou même d’évolution, et de déléguer cela à un tiers, pour, en retour, n’avoir que les bénéfices du service applicatif pour le coût d’un abonnement et sous réserve d’une liaison Internet.

    Toutefois, ce tableau idyllique peut valoir pour des services relativement “indifférenciés”, dont les meilleures pratiques peuvent se partager entre plusieurs entreprises, par exemple, une gestion de paie, une comptabilité, une gestion de la relation client “classique”. Dès lors qu’on touche au coeur de métier des entreprises, à des processus particuliers que l’on aura modélisés au plus près des besoins “maison”, le recours à des progiciels n’est pas forcément la panacée, car rien ne prouve que la fameuse règle de paretto sera respectée. Cette règle des 80-20, appliquée aux progiciels, signifie que leur intérêt est directement proportionnel à leur taux de couverture des besoins. Or certaines applications développées en spécifiques, opérationnelles depuis des années, ne sont pas facilement remplaçables par des solutions “sur étagère”. Elles peuvent soutenir des opérations critiques et sont essentielles au métier des organisations. Seulement, naturellement, comme toutes les applications développées en spécifiques qui franchissent un seuil de complexité suite à des maintenances successives, elles finissent par développer des symptômes d’obsolescence, qui sont autant de freins à leur évolution, et par conséquent, à la valeur différentiatrice qu’elles peuvent apporter aux entreprises.

  • 10nov

    Les applications des entreprises ne se modifient pas au rythme des changements technologiques. Elles ont pour certaines, en particulier les applications de gestion, des cycles de vie bien plus longs que ceux liés aux changements de paradigmes technologiques, qui se font sur des cycles de cinq à sept ans.

    Logique de coût et Loi de Moore

    Mais si l’on observe la loi de Moore, ou du moins l’évolution des puissances et des performances des plate-formes serveurs sur lesquelles tournent ces applications, on est en droit de se poser des questions sur l’intérêt, si ce n’est de modifier l’application fonctionnellement, d’en modifier les fondations.  En effet, une migration de plate-forme (appelée également “re-hosting”), peut présenter l’intérêt de diminuer de façon quantifiable des coûts d’infrastructure en exploitation, en passant sur des modèles plus récents, plus performants et moins coûteux. Au-delà de cette équation “coût”, il y a également l’intérêt de passer d’environnements “fermés” au sens propriétaires, vers des environnements “ouverts” respectant des standard d’interopérabilité, et qui, de facto, autoriseront une meilleure intégration des applications entre elles, même si cette ouverture a souvent pour corrollaire une gestion de la complexité de l’intégration.