• 09juin

    Nous sommes dans une nouvelle époque historique : l’ère numérique

    Les technologies de l’information et des communications sont désormais entrées dans les usages quotidiens et continuent à modifier les relations socio-économiques. Avec le Web 2.0, les réseaux informatiques ont pris une autre dimension, ils ont donné naissance aux réseaux sociaux, la « toile » relie les individus davantage que les machines ou les entreprises et ces dernières ne peuvent négliger la transformation qui en résulte. Pourtant, elles n’ont toujours pas intégré cette évolution dans leur approche des systèmes d’information. Or ils pourraient être les leviers nécessaires à la mise en place de nouvelles logiques d’organisation et d’échanges. Les voir sous cette perspective est peut-être la clé de l’adaptation à l’ère numérique.

    Pourquoi qualifier l’ère numérique de troisième révolution industrielle (définition esquissée entre autres par Wikipedia)? Elle pourrait bien être une autre ère, avec ses propres vagues, comme la révolution industrielle a eu les siennes. Baser les comparatifs ou les attentes vis-à-vis des métamorphoses actuelles des systèmes d’information sur la grille de lecture de l’industrialisation est dès lors probablement une erreur, voire un frein à l’adaptabilité. Plutôt que subir les mutations rapides d’un monde en mouvement, il reste à explorer tout un potentiel de changement dans ses aspects positifs, en modifiant nos repères ou nos référentiels pour nous adapter à ce mouvement. Selon Francis Bacon «Celui qui n’appliquera pas de nouveaux remèdes doit s’attendre à de nouveaux maux ; car le temps est le plus grand des innovateurs

    Les entreprises continuent à fonctionner sur des modèles d’organisation clos et des relations unilatérales avec leurs consommateurs ou leurs collaborateurs, alors que leurs clients choisissent leurs fournisseurs ou leurs produits, publient leurs avis, passent commande sur Internet, tandis que leurs nouveaux employés échangent aux quatre coins du monde à travers des réseaux sociaux, la visio conference, la téléphonie sur ip.

    Les frontières entre l’entreprise et ses partenaires, ses fournisseurs, ses employés et ses clients ne sont plus les mêmes. Les contraintes physiques et temporelles n’ont plus le même sens. Dès lors, les référentiels organisationnels qui traduisaient la perception de ces contraintes ont vocation à se déplacer aussi.

    De nouveaux usages changent la perception des contraintes.

    La « génération Y », censée représenter des traits communs aux personnes nées entre la fin des années 70 et le milieu des années 90, naturellement adaptées à l’usage des TIC, cristallise la perception du changement dans l’idée d’un effet générationnel. Or ce n’est pas tant une question de génération que d’usages qui se sont adaptés. La génération X précédente, née dans les années 1960-1979, a été la première à être confrontée à l’entrée massive des technologies de l’information et des communications, à une modification rapide des clivages géopolitiques et à une première prise de conscience des impacts environnementaux de l’ère industrielle. On a pu la juger « sans repères ». En réalité, les points de repères ne pouvaient rester les mêmes quand le temps (les rythmes) et l’espace (la géographie) des échanges socio-économiques se modifiaient.
    Les us et coutumes changent en même temps que la nature des échanges économiques mais en suivant une évolution accélérée par les technologies de l’information et des communications.

  • 14avr

    Quand doit-on adopter un nouveau concept informatique pour se différencier ?

    Il y a un délai certain entre l’arrivée d’un nouveau concept en informatique et l’adoption massive. La question est : quand faut-il adopter ? Pas trop tôt, pour ne pas « payer les pots cassés », pas « trop tard », pour ne pas être qu’un suiveur, qui va payer pour une condition nécessaire, mais pas … suffisante ; Car, en effet, le service ou la fonction fournis par l’informatique n’établissent pas de réelle différenciation métier dès lors qu’ils sont largement adoptés, et « standardisés » dans les modes de fonctionnement de la plupart des entreprises. A l’affirmation de Mr. Karl-Heinz Streibich, CEO de Software Ag, qui lors de son introduction au Business Innovation Forum de l’éditeur tenu le 17 mars, a dit que seules les applications développées en spécifiques apportaient une différenciation métier, nous mettrons un bémol : bien sûr, en choisissant du « buy », sur étagère, si vous avez ce que tout le monde a, qu’avez-vous de plus ? Toutefois, il y a un certain seuil où il devient indispensable de mettre en place certaines fonctions de support informatique « standard », car ne pas les avoir vous fait perdre, si ce n’est gagner, des contrats, des employés, ou de la satisfaction client.

    A l’inverse, oui, vous ne vous distinguerez pas à les mettre en place… sauf si vous les utilisez judicieusement afin de proposer vraiment un nouveau service et si vous êtes le premier à le faire. C’est là, entre autres points, que l’’on distingue cette frontière « ténue » entre innovateurs et premiers suiveurs. Ainsi les grandes entreprises ne se posent quasiment plus la question de savoir s’il faut mettre en des progiciels de comptabilité/finance, ou de RH. Le centre de gravité de la question se déplace plutôt sur lequel choisir, comment éventuellement upgrader l’existant, ou l’externaliser (jusqu’au niveau des processus parfois, avec le Business Process Outsourcing) et/ou faut-il le remplacer par une offre Saas éventuellement plus économique ?

    Ce qui est plus exemplaire, c’est de voir apparaître à grande échelle la mise en pratique de solutions technologiques aujourd’hui éprouvées, mais jusqu’alors relèguées à des expériences individuelles, et qui sont parfois trompeusement qualifiées « d’innovation ».

    Quand le concept rencontre largement le marché, il n’y a plus innovation, mais nécessité.

    Ainsi la dématérialisation, déjà proposée il y a une dizaine d’année à travers des offres de gestion de documents combinant reconnaissance de caractères - RAD (Reconnaissance Automatique de Documents), LAD (Lecture Automatique de Documents) et LAF (Lecture Automatique de Formulaires) –le workflow, la signature électronique et l’archivage légal, a vue non seulement ses offres acquérir la maturité technologique nécessaire, mais également son champ d’application se démultiplier, notamment dans le secteur public, en dématérialisant le dialogue avec l’usager.

  • 08jan

    De la main à la cuillère : une affaire de bon sens ?

    Une personne qui voulait trouver un moyen de léguer sa pratique de résolution des situations difficiles, s’exprimait récemment ainsi : « j’ai la main de l’artisan, je souhaite en faire une cuillère, pour que d’autres après moi puissent reproduire mon savoir-faire ». En y réfléchissant bien toutefois, la cuillère, aussi élaborée soit-elle, ne remplace pas tout ce que peut faire la main. Certes, l’image n’est pas à prendre au pied de la lettre. C’est le contrôle de l’outil par la main qui lui donne sens, et la cuillère peut devenir, par l’esprit qui l’anime, instrument de musique ou de sculpture. Jusqu’à un certain point. Seul le bon usage d’un outil le rend utile au plus grand nombre et aucun outil ne fait tout, du moins ne le fait … bien.

    Ainsi un outil de suivi des incidents n’est pas un outil de suivi des tâches projet, un wiki de partage d’information n’est pas la solution de gestion de documents pour répondre à des contraintes d’archivage légal, une liste Excel de type de risques n’est pas une application de gestion des risques, un outil de gestion de budget n’est pas un outil de gestion d’un portefeuille applicatif ou de gestion d’un portefeuille projets, et un suivi des anomalies et des temps de correction pour mesurer les niveaux de services d’un fournisseur ne mesure pas la qualité du code livré au sens maintenabilité et réutilisabilité.

    Où nous mène donc ce long préambule ? A des principes de gouvernance IT qui relèvent du bon sens, mais qu’il est toujours utile de rappeler. Ce ne sont pas les outils qui font la gouvernance, même si les outils sont nécessaires pour partager de l’information et des savoir-faire. De ce fait, la modernisation d’un Système d’information passe par la nécessaire réflexion sur les outils utilisés, « comment » ils le sont, et pourquoi ils devraient continuer, ou non, à l’être. L’art de la méthode, en somme, est aussi important que celui de la technique, et tous deux nécessitent un « savoir-faire », qui doit s’apprendre par la pratique. Pourtant, après ces déclarations de principe, force est de reconnaitre que les Systèmes d’Information ne sont pas si gouvernés par le « bon sens ». Alors, comment mettre en œuvre cette chose, qui, selon Descartes « est la chose du monde la mieux partagée” ?

  • 10nov

     

    Nous sommes en crise, difficile de l’ignorer. Une crise prédictible, d’une certaine manière. Quand on construit des produits financiers a priori sains, adossés à des produits qui le sont un peu moins, adossés eux-mêmes à des produits volontairement risqués, on bâti un chateau de cartes qu’une pitchenette sur une fondation bancale met à terre. Renversant par la même occasion les chateaux en Espagne de ceux qui avaient fini par oublier le risque inhérent aux opérations bancaires pour rêver à des bénéfices rapides et un profit qui durerait toujours.

    Certes, le “jeu” en bourse comporte des risques, c’est une évidence. Pour autant, la règle du jeu devient faussée quant on fait prendre des risques à des personnes qui n’en sont pas conscientes, sans même avoir les moyens de contrôler ces risques à force d’intermédiaires. Il y a des limites aux risques acceptables, et il y a des conditions sine qua non pour continuer à “piloter” le navire dans le brouillard, sans laisser l’opacité s’installer sur les instruments du cockpit, sous peine d’aller choir sur le premier iceberg venu, comme tant d’institutions réputées insubmersibles. Cette crise nous le démontre, en même temps qu’elle démontre un potentiel formidable de rupture avec des comportements inadéquats. Cela vaut également pour les Systèmes d’Information. Il ne faut pas laisser l’opacité s’installer sous prétexte de proposer toujours plus, au prix de fondations instables.

    Outre la nécessaire réflexion sur les outils et les processus -quelques soient les outils, ils ne valent que par l’usage qui en est fait - nous pourrions aborder une piste intéressante sur la manière dont les systèmes d’Information se construisent en fonction de l’économie (et des bénéfices des entreprises).