Nous sommes dans une nouvelle époque historique : l’ère numérique
Les technologies de l’information et des communications sont désormais entrées dans les usages quotidiens et continuent à modifier les relations socio-économiques. Avec le Web 2.0, les réseaux informatiques ont pris une autre dimension, ils ont donné naissance aux réseaux sociaux, la « toile » relie les individus davantage que les machines ou les entreprises et ces dernières ne peuvent négliger la transformation qui en résulte. Pourtant, elles n’ont toujours pas intégré cette évolution dans leur approche des systèmes d’information. Or ils pourraient être les leviers nécessaires à la mise en place de nouvelles logiques d’organisation et d’échanges. Les voir sous cette perspective est peut-être la clé de l’adaptation à l’ère numérique.
Pourquoi qualifier l’ère numérique de troisième révolution industrielle (définition esquissée entre autres par Wikipedia)? Elle pourrait bien être une autre ère, avec ses propres vagues, comme la révolution industrielle a eu les siennes. Baser les comparatifs ou les attentes vis-à-vis des métamorphoses actuelles des systèmes d’information sur la grille de lecture de l’industrialisation est dès lors probablement une erreur, voire un frein à l’adaptabilité. Plutôt que subir les mutations rapides d’un monde en mouvement, il reste à explorer tout un potentiel de changement dans ses aspects positifs, en modifiant nos repères ou nos référentiels pour nous adapter à ce mouvement. Selon Francis Bacon «Celui qui n’appliquera pas de nouveaux remèdes doit s’attendre à de nouveaux maux ; car le temps est le plus grand des innovateurs.»
Les entreprises continuent à fonctionner sur des modèles d’organisation clos et des relations unilatérales avec leurs consommateurs ou leurs collaborateurs, alors que leurs clients choisissent leurs fournisseurs ou leurs produits, publient leurs avis, passent commande sur Internet, tandis que leurs nouveaux employés échangent aux quatre coins du monde à travers des réseaux sociaux, la visio conference, la téléphonie sur ip.
Les frontières entre l’entreprise et ses partenaires, ses fournisseurs, ses employés et ses clients ne sont plus les mêmes. Les contraintes physiques et temporelles n’ont plus le même sens. Dès lors, les référentiels organisationnels qui traduisaient la perception de ces contraintes ont vocation à se déplacer aussi.
De nouveaux usages changent la perception des contraintes.
La « génération Y », censée représenter des traits communs aux personnes nées entre la fin des années 70 et le milieu des années 90, naturellement adaptées à l’usage des TIC, cristallise la perception du changement dans l’idée d’un effet générationnel. Or ce n’est pas tant une question de génération que d’usages qui se sont adaptés. La génération X précédente, née dans les années 1960-1979, a été la première à être confrontée à l’entrée massive des technologies de l’information et des communications, à une modification rapide des clivages géopolitiques et à une première prise de conscience des impacts environnementaux de l’ère industrielle. On a pu la juger « sans repères ». En réalité, les points de repères ne pouvaient rester les mêmes quand le temps (les rythmes) et l’espace (la géographie) des échanges socio-économiques se modifiaient.
Les us et coutumes changent en même temps que la nature des échanges économiques mais en suivant une évolution accélérée par les technologies de l’information et des communications.





