• 01juil

    Les Systèmes d’information des entreprises sont des territoires qu’il faut pouvoir cartographier pour voyager sans risque sur les terres connues, et explorer le potentiel de développement de nouvelles routes d’échanges d’information (extra-entreprise). Comme autrefois les lignes maritimes servaient aux échanges de biens matériels, ceux qui possédaient les « bonnes » cartes pour naviguer, disposaient d’un temps d’avance pour la conquête de terres ou de commerces. Ainsi, pour les Systèmes d’information, faut-il s’interroger sur les cartes de représentation de ce monde « virtuel », comment les construire – quelles représentations, quels repères, quels moyens de collecte ? – comment les exploiter –quelles routes prendre, quels obstacles éviter, quels mouvements prévoir, de quelles connaissances se prévaloir ? – comment les comprendre et les étendre en explorant d’autres « dimensions ».
    Et de même que pour le monde réel, les cartes de notre monde « immatériel » se bâtissent sur les mêmes tâtonnements, les mêmes règles, certaines bien visibles, d’autres plus subtiles.
    Le géographe et les explorateurs
    Prenons la collecte. Les premiers cartographes rassemblaient les témoignages, les mesures déjà établies pour construire les cartes. De plus, ils se basaient sur des connaissances en mathématiques, voire en astronomie, pour établir des systèmes de projections pour modéliser la géométrie de la surface terrestre sur un plan. Ainsi fit Eratosthène, dont on dit qu’il était le premier géographe, en ayant conçu une carte du bassin méditerranéen, du moins des zones habitées, donc une représentation du monde connu, nommée écoumène. Il est important aussi de noter qu’Eratosthène avait établi de nombreux systèmes de classification, notamment pour la bibliothèque d’Alexandrie et qu’il est à l’origine d’une mesure de la circonférence terrestre. Autre géographe connu, Claude Ptolémée, avec son « Introduction géographique à la cartographie » a non seulement réutilisé plus ou moins le fruit des travaux de ses prédécesseurs, mais, pour mettre à jour des données sur les régions, utilisé les descriptions d’itinéraires et de périples disponibles à son époque, et « a priori » établi de nouveaux systèmes de projection. Ce qui signifie deux choses, les premiers cartographes utilisaient des systèmes de projection, des référentiels et des repères, et ils établissaient des cartes du « monde connu », en fonction des descriptions obtenues.